La nouvelle présentation d’art médiéval offre des aperçus passionnants sur l’omniprésence de la foi chrétienne. Des œuvres choisies du XIe au XVIe siècle sont présentées dans le chœur de l’ancienne église du couvent franciscain, dans toute leur beauté et leur rayonnement spirituel.

En quoi croyons-nous aujourd’hui?
Quelle signification ont les représentations du Moyen Age dans notre monde actuel?
Quels rôles jouent aujourd’hui les saints, Jésus et Dieu?

Le chœur réaménagé de l’ancienne église franciscaine présente des témoignages impressionnants du Moyen Age. Les œuvres provenant de Bâle, de la région du Rhin supérieur, de Suisse ou du sud de l’Allemagne révèlent le monde des croyances de l’époque et le rôle dominant de l’Eglise dans la vie quotidienne. Des objets remarquables illustrent l’évolution dans les formes et le changement des fonctions. Ils permettent un regard sur l’aménagement et l’iconographie des églises du Moyen Age, sur les usages liturgiques et les représentations religieuses. Des motifs importants de l’art médiéval, comme le crucifix ou les représentations de Marie sont des thèmes évoquant l’amour, la souffrance et l’espérance, mais aussi la gloire et la misère d’une époque depuis longtemps révolue. L’exposition étudie ainsi les valeurs chrétiennes et leurs rapports de plus en plus lointains à notre société de moins en moins confessionnelle.

La nouvelle présentation et la restauration de certaines œuvres exposées ont été rendues possibles grâce au généreux soutien de:
Peter et Simone Forcart-Staehelin, Riehen; Bowmore Foundation, Vaduz; L. & Th. La Roche Stiftung, Bâle; Ulrich et Klara Huber-Reber-Stiftung, Bâle, Verein für das Historische Museum Basel; Dr. Urs D. Gloor, Iseli Optik SA, Bâle; ainsi que des donateurs privés.
 

Schliessen Details

Croyances au Moyen Age

Christ bénissant
Suisse centrale(?), fin du XIIe siècle
Provenant de la chapelle-ossuaire de Steinen (canton de Schwytz)
Peuplier, repeint plusieurs fois
Hauteur 143 cm, largeur 35,7 cm, profondeur 33,6 cm
Inv. 1897.187.

Cette sculpture a été retrouvée sous un montagne de crânes et ossements de la chapelle-ossuaire de Steinen. Ce village se trouvait sur la route du Gothard. Le peuplier de la sculpture y fut sans doute importé. Il provient d’un arbre abattu vers 1160. Les pieds de la sculpture et la main au geste de bénédiction furent remplacés ultérieurement. Plusieurs couches de peintures sur la tête et l’habit témoignent que cette représentation du Christ fut longtemps en usage. Sur l’habit sont peints de petits motifs en losange, dans une technique de relief dite de pastiglia. Ils représentent entre autres le lys des rois de France et un aigle – emblème de la famille Stauffacher à Steinen, dont un ancêtre serait l’un des trois hommes légendaires du serment du Grütli.
Selon les connaissances les plus récentes, le Christ aurait tenu un bâton en forme de croix dans la main droite. Il s’agissait probablement d’une croix de Pâques, peut-être avec un drapeau de victoire. Cela pourrait indiquer que la sculpture représentait un Christ ressuscité. Le Christ avait vaincu la mort le jour de Pâques, en sortant du tombeau scellé.

 

Christ provenant d’un crucifix
Maître du sud de l'Allemagne, vers 1500
Tilleul, repeint plusieurs fois
Hauteur 70 cm, largeur 22,5 cm
Inv. 2002.275.

A partir du milieu du Moyen Age, le crucifié fut représenté en homme brisé. Le spectateur devait y reconnaître la promesse de rédemption que Dieu lui avait faite avec le sacrifice de son fils Jésus. Le visage tordu par la douleur, le thorax fortement bombé et la peau enflée autour des traces de clous expriment le poids du cors souffrant.
Une analyse au microscope a montré que la surface délicatement sculptée du crucifix était vierge de peinture à l’origine, et que seuls les yeux, la bouche, la couronne d’épines et une trace de sang autour de la blessure au côté étaient accentués en couleurs, de même sans doute que les stigmates. Le linge autour des reins était doré. Par la suite, le corps fut peint entièrement. On peut en déduire que le crucifix a servi longtemps au culte.
Vers 1920, ce crucifix aurait été acheté par Rudolf Kaufmann, qui le donna à sa belle-fille Annie Kaufmann-Hagenbach (1908-2002). La sculpture et un buste de Saint Jean (Inv. 2002.274.) furent légués au HMB. L’historienne d’art bâloise avait obtenu un doctorat à Bâle en 1938 avec une étude importante sur la «Sculpture du gothique tardif en Suisse» et avait noté nombre de remarques, observations et compléments en marge de son exemplaire – jusqu’à un âge avancé.

 

Christ sur l’âne des Rameaux
Seeschwaben, vers 1500
Tilleul (?), sculpté, peint
Hauteur 190 cm, largeur 96 cm, longueur 112 cm
Inv. 1898.275.
La restauration a été financée grâce au généreux soutien de la Ulrich et Klara Huber-Reber-Stiftung, Bâle.

Le dimanche des Rameaux, c’est-à-dire le dimanche précédant Pâques, un âne était promené dans les rues au cours d’une procession. Cette coutume reposait sur le récit des Evangiles de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Le peuple déposa des branches de palmier sur son chemin et le reçut comme un roi. On peut reconnaître les palmes peintes sur le chariot de cette sculpture. Il existe encore dans le monde entier une soixantaine de tels «ânes des Rameaux» datant du XVe et XVIe siècle. La collection du HMB en réunit à elle seule cinq exemplaires, dont trois de la région du Rhin supérieur. De par sa qualité artistique et le fait qu’il soit complet, cet âne des Rameaux de Kreuzlingen près du lac de Constance est l’exemplaire le plus remarquable des cinq de la collection. Son style le rapproche d’un exemplaire semblable du Musée Rosgarten à Constance.

 

    

Croix d'autel
Région du lac de Constance (Constance?), vers 1250–1270
Provenant du couvent de St. Katharinental (canton de Thurgovie)
Hêtre, toile de lin, parchemin, peinture originale, pierres précieuses, gemmes, verre
Hauteur 99 cm, largeur 66 cm
Inv. 1905.70. Don de Karl Bachofen-Burckhardt, Bâle

Cette croix d'autel est l’un des rares crucifix du XIIIe siècle au nord des Alpes, sur lesquels le Christ est peint. Son style reprend celui de modèles italiens. Il indique la piété marquée à l’époque pour l’aspect humain du crucifié, telle qu’elle était cultivée en particulier dans les couvents. Les souffrances sont soulignées par l’expression du visage, les yeux clos et le corps sans vie. L’usure sur le ventre indique que le crucifix était très vénéré, touché et embrassé. La forme, la plasticité et la dorure imitent des travaux d’orfèvrerie.
La peinture de haute qualité artistique, les pierres précieuses – dont une gemme orange avec Jupiter-Ammon et une bleue avec un cerf – témoignent de la grande valeur du crucifix. Au dos peint, on peut reconnaître les contours de l’agneau divin en symbole du sacrifice du Christ.

 

Madone à l'enfant
Grisons ou sud du Tyrol, 1re moitié du XIIIe siècle
Provenant d’Obervaz (canton des Grisons)
Tilleul, vestiges de peinture originale
Hauteur 99 cm, largeur 52 cm
Musée des Beaux-Arts Bâle, Fondation Prof. Handmann-Horner 1941, Inv. Nr. P 77, prêt permanent au HMB, Inv. 2007.333.

Cette composition où Marie désigne l’enfant de la main repose sur le type iconographique byzantin «Theotokos Hodegetria», c’est-à-dire de la «mère de Dieu, qui montre la voie». Cette représentation évoque une icône célèbre du Monastère des Hodèges de Constantinople. Dans ce monastère, des guides (les hodèges) conduisaient les aveugles vers une source réputée guérir de la cécité. Selon la légende, l’icône de Constantinople aurait été peinte par l’évangéliste Luc et aurait produit des miracles. C’est jusqu’à aujourd’hui l’une des images les plus copiées du monde byzantin.
Ce bas-relief est sans doute parvenu au sud du Tyrol ou dans les Grisons dans le contexte des croisades. Ces régions accessibles par des cols des Alpes connurent toujours des échanges culturels intenses. Au dos du tableau, on peut identifier des restes de peinture d’un évêque vêtu à l’occidentale.
On a peu d’informations sur la provenance de cette sculpture. Le professeur bâlois R. Handmann la découvrit en 1901 dans une niche murée d’une maison à Obervaz dans le canton des Grisons.

 

    

Retable
Memmingen (Haute-Souabe), 1512
Ivo Strigel (vers 1430–1516) et atelier; Christian Scheller († 1529) et atelier
Provenant de Santa Maria in Calanca (canton des Grisons), église Santa Maria Assunta
Tilleul, peinture originale
Hauteur 375 cm, largeur 567 cm (ouvert)
Inv. 1887.95.

Ce retable monumental est un témoignage impressionnant du culte de Marie. Il vient de l’église Santa Maria, dans le val de Calanca, placée sous le patronage de la mère de Dieu. Sur le côté ouvert les jours de grandes fêtes religieuses, on peut voir au centre Marie en reine céleste, entourée de différentes scènes de sa vie. Cet ouvrage est l’un des plus remarquables retables sculptés du gothique tardif, qui furent importés en Suisse depuis la Souabe. L’atelier du maître Ivo Strigel exporta nombre de retables dans les Grisons. Celui de Calanca est, après celui de la cathédrale de Coire, le plus grand et le plus important retable sculpté en Suisse. La Collection médiévale, qui devint par la suite le Musée historique de Bâle, acheta cette œuvre en 1887 à la paroisse de Calanca.
La plupart des jours de l’année, le retable de Calanca était fermé. On pouvait voir sur les volets différentes scènes peintes, avec des personnages de saints et, au dos du tabernacle, les quatre évangélistes. Placé entre eux, l’archange Michael présente l’inscription de l’artiste: «En l’an 1512, cette œuvre sera telle qu’on la voit, installée dans ce saint édifice par la main et le travail d’Ivo du nom de Strigel, bourgeois et habitant de la remarquable ville de Memmingen, vassale de l’empereur, à la vigile [veille d’une grande fête catholique] de la fête du sublime prince Michel [29 septembre], saint patron de cette œuvre.»

 

Saint Nicolas
Rhin supérieur/Constance (?), 2e moitié du XIIe siècle
Provenant de la chapelle Saint Nicolas à Berau (Bade-Wurtemberg)
Tilleul, peint plusieurs fois
Hauteur 87,5, largeur 31 cm
Inv. 1930.619.

Cette sculpture date sans doute de l’époque de construction de l’ancien couvent St-Nicolas de Berau, non loin de Waldshut, fondé vers le milieu du XIIe siècle.
Ce portrait particulièrement précoce de Saint Nicolas était à l’origine dorée et ornée de verreries, et contenait des reliques dans une niche de la poitrine.
La chasuble, le pallium sur les épaules et la mitre d’évêque correspondent aux représentations de la seconde moitié du XIIe siècle.
Cette sculpture fut apparemment en usage pendant plusieurs siècles. Une planche au dos du trône, datée de 1705, indique une restauration. Les peintures florales de style baroque datent sans doute de cette époque.

 

    

Saint Evêque (Saint Martin?)
Schaffhouse (?), vers 1475
Attribué à Augustin Henckel (1477/78–1547/49)
Provenance: Mumpf (canton d’Argovie), église Saint Martin (?)
Tilleul, peinture originale
Hauteur 117 cm, largeur 37 cm, profondeur 24 cm
Inv. 1910.47.

Ce bel exemplaire d’un Saint Evêque ne peut plus être identifié aujourd’hui car il lui manque ses attributs. Selon le vendeur, la sculpture proviendrait de Mumpf près de Rheinfelden dans le canton d’Argovie. Elle pourrait représenter Saint Martin, car il était le patron de l’église paroissiale. Selon les connaissances les plus récentes, il pourrait s’agit d’une œuvre précoce du sculpteur Augustin Henckel (1477/78–1547/49) de Schaffhouse.
Dans le moignon du bras droit fut découvert récemment un morceau de papier datant de la fabrication de la sculpture – un message de l’artiste? C’est une sensation, car on connaît fort peu d’exemples de ce genre. Le document porte un dessin à l’encre d’une femme en habits civils et un fragment de phrase, où l’on peut déchiffrer une citation connue: «Omnia (dat) dominus non habet ergo minus.» (Le Seigneur donne tout et n’en possède pas moins.)

 

Saint Christophe
Vorarlberg ou Allgäu (?), fin du XVe siècle
Tilleul, sculpté, peint
Hauteur 89,5 cm, largeur 64 cm, profondeur 13,5 cm
Legs Dr. Ruth Kessler-Uebelin
Inv. 2000.31.

Le géant Reprobus voulait entrer au service du plus puissant souverain. Un ermite lui enseigna que personne n’était plus puissant que le Christ et lui conseilla d’aider les voyageurs à travers un fleuve. Au cours d’une nuit, Reprobus porta sur ses épaules un enfant dont le poids devint de plus en plus lourd au cours de la traversée. L’enfant révéla qu’il était le Christ, qui avait créé le monde et lui dit: «Tu n’as pas seulement porté le poids du monde, mais aussi de celui qui l’a créé [Jacques de Voragine, vers 1264]», et le baptisa du nom de Christophe, le porteur du Christ.
Le sculpteur inconnu a représenté le saint pieds nus sur un morceau de terre duquel un arbre sec semble pousser. L’enfant Jésus, assis sur l’épaule gauche de Saint Christophe, est nu. Il dresse la main droite dans un geste de bénédiction et tient dans la main gauche un globe terrestre doré – en symbole de sauveur du monde.
Le tampon sous la sculpture indique que le collectionneur, le Dr Fritz Uebelin, a acheté cette remarquable sculpture en Autriche. Elle a peut-être été fabriquée au Vorarlberg ou en Allgäu.

 

Saint Wendelin
Suisse centrale (?), vers 1500
Tilleul, vestiges de peinture originale
Inv. 1894.401.

Saint Wendelin, le patron du bétail, est le saint préféré des paysans et des bergers. Son père, un roi irlandais, le condamna à garder les troupeaux à cause de sa foi. La sculpture le représente ainsi avec un chien, des moutons et une vache.
Son manteau, son chapeau mou, son bâton et sa besace le caractérisent de pèlerin. Il fut l’un des moines irlandais qui évangélisèrent la population du continent européen du VIe au VIIIe siècle. Ayant abandonné leur patrie, ils voyageaient en pèlerins au seul service de Jésus-Christ (en latin «peregrinatio propter Christum»). Le plus connu d'entre eux est sans doute Gallus, le fondateur du couvent de St-Gall.

 

Saint Catherine d’Alexandrie
Strasbourg, vers 1500
Provenant de l’autel de l’église St. Mauritius à Kippenheim près d’Offenburg (Bade-Wurtemberg)
Tilleul, peinture originale
Inv. 1977.240. Don du Prof. Dr Edgar Heilbronner, Bâle

Sainte Catherine est la patronne des écoles et est réputée venir en aide lors de difficultés de langage. Doté d’une grande sagesse, elle défendit sa foi contre l’empereur romain. Condamnée au supplice de la roue, celle-ci se rompit miraculeusement. Catherine fut alors décapitée à l’épée.
La sculpture faisait partie à l’origine de l’autel de l’église St. Mauritius à Kippenheim près d’Offenburg. Cet autel fut remplacé par un nouveau retable en 1714/15. Les personnages du premier autel sont actuellement dispersés en quatre endroits: Bâle, Breisach (cathédrale Saint Stéphane), Kippenheim, New York (Metropolitan Museum). Le démontage des autels sculptés et la vente des divers éléments sont caractéristiques du destin de nombreuses œuvres d’art sacré.

 

Plaque votive d’Isabelle de Bourgogne
Tournai (?), vers 1440
Provenant du couvent des Chartreux de St. Margarethental à Petit-Bâle
Plaque: laiton, restes de peinture originale; cadre: calcaire
Hauteur 147 cm, largeur 129,5 cm (avec le cadre)
Inv. 1870.673. / Inv. 1929.297.

Cette plaque rappelle une donation importante d’Isabelle de Bourgogne (1397–1471) au couvent chartreux de Bâle. En 1433, la duchesse remit 1700 florins d’or au couvent pour le salut de sa famille, pour que soient dites deux messes quotidiennes et deux messes solennelles des morts. Elle offrit en outre des chasubles et des ustensiles liturgiques et finança deux cellules de moine.
Le tableau représente Marie en pleurs au pied de la croix vide et tenant son fils sur ses genoux. A droite, Isabelle prie avec deux enfants défunts et à gauche se tient son époux Philippe le Bon (1396–1467) avec son fils Charles le Téméraire (1433–1477). Sainte Elisabeth et Saint André apparaissent en intercesseurs. Le tableau est un exemple remarquable de l’art de la cour bourguignonne au XVe siècle. Il témoigne en outre du large cercle d’influence de la famille régnante bourguignonne qui, comme le montre le cas de Bâle, fit de précieuses donations dans divers lieux de son royaume, pour le salut de son âme et s’assurer un souvenir perpétuel.

 

    

Retable de Peter Rot
Bâle, vers 1476/84
Entourage de Bartholomäus Ruthenzweig (actif de 1470 à 1492/93)
Provenant de l’église du couvent franciscain (église des Cordeliers), Bâle
Technique mixte sur sapin
Hauteur 109,5 cm, largeur 192 cm (ouvert)
Inv. 1978.322. Acquis avec un crédit spécial du Grand Conseil de Bâle-Ville

Ce retable est le seul élément mobile ayant échappé à la Réforme et conservé dans l’ancienne église des Cordeliers. Il témoigne de la grande vénération des franciscains pour Marie et reflète les discussions ecclésiastiques de l’époque à Bâle sur le dogme de l’Immaculée Conception. Peter Rot († 1487), maire de Bâle, fut le donateur de ce retable. Ses armoiries et celles de son épouse Margarethe von Rümlang († 1479) figurent au centre. Le salut de son âme est confié à l’intercession des 33 saints représentés.
Au centre du retable ouvert, une Madone au croissant de lune plane en reine céleste rayonnante et ayant vaincu le mal. A gauche, l’archange Gabriel rappelle la virginité de Marie et l’Annonciation. A droite, l’archange Michel maîtrise deux diables. Les trente saints sur les volets sont des intercesseurs célestes comme le montrent les petits nuages. La scène de résurrection sur les panneaux extérieurs annonce l’espoir de rédemption. Elle a pour modèle une gravure sur cuivre de 1475 de Martin Schongauer. C’est un témoignage rare de l’influence directe du maître de Colmar sur la peinture bâloise de la fin du gothique.

 

Plaque d’autel
Bâle (?), vers 1269
Provenant de l’église des Dominicains (Predigerkirche)
Grès rouge, peinture originale, repeint en partie
Hauteur 93-104 cm, largeur 105 cm, profondeur 6,5 cm
Inv. 1876.67. Don: Vorstand Predigerkirche

Cet exemple rare d’autel peint vient de l’ancienne église du couvent dominicain de Bâle, la Predigerkirche. Après la Réforme, l’autel fut démoli dans le contexte de la suppression du couvent et de la célébration de la messe – et de la réprobation des illustrations religieuses. Ce morceau fut réutilisé comme matériau. de construction. Il fut redécouvert en 1876 dans le mur sous la fenêtre ouest de la Predigerkirche.
Marie et l’Enfant Jésus trônent au milieu d’une architecture de piliers et d’arcs en ogive. Ils sont entourés de deux anges tenant des chandeliers. A l’extérieur se tiennent deux saints: à droite, le fondateur de l’ordre, Saint Dominique (vers 1170–1221) et à gauche sans doute Saint Pierre de Vérone (vers 1206–1252), un dominicain milanais.